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#107 : Episode 7 : Johanna s'en va

Résumé : Vincent, le parisien, tente de saisir au vol une dernière chance de sauver sa candidature auprès de l’adjoint au maire. La famille Marci prépare le départ de la cadette, Johanna, qui quitte le nid familial.

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Première diffusion en France
07.09.2004

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Sur son trente-et-un, Roland a rendez-vous avec sa banquière pour son prêt. A sa grande surprise, la banque lui accorde le prêt sans difficulté, à un petit détail près... il doit passer une visite médicale au plus vite... Roland commence à avoir des angoisses : lui qui fume depuis tellement d'années, qui n'a pas vu de médecin depuis 10 ans, il est certain qu'on va lui trouver quelque chose et que le prêt va lui passer sous le nez... Parallèlement, Roland reparle à Léo.

C'est aujourd'hui que Johanna quitte le nid familial pour son école de sport-études à Grenoble. Une journée de départ pleine de fous rires entre le frère et la soeur, pleine d'émotions retenues pour François, si fier de sa cadette. Et surtout pour Blanche, profondément affectée par ce départ.

Avec son insistance de séducteur, Vincent parvient à décrocher un entretien de rattrapage auprès de l'adjoint-maire. Mais même s'il a le soutien de Céline, tout reste à prouver.

EXTERIEUR – Près de la plage - Journée

Rudy : Oh, j'hallucine, alors quoi, tu restes ?

Ninon : Ça va dépendre. (Elle s'assoit.) Est-ce que j'aime me faire des potes ? Des vrais amis tu sais, sur lesquels on peut vraiment compter quoi. Pas le genre qui balance à tes parents à la première embrouille.

Lucas : Bon ben maintenant, il y a la tradition alors. (Ils prennent Ninon par les pieds et les mains et l'amènent vers le ponton.)

Ninon : Non, oh non, oh non. Arrête Rudy.

 

INTERIEUR – Dans l'hôtel Select – Journée

Aïcha : Mirta. (Pendant que cette dernière arrose les fleurs.) Si tu mets Léo à la porte à cause de moi franchement, je ne me le pardonnerai pas quoi.

Irta : Mais ne t'inquiète pas de ça Aïcha. (Léo arrive et s'isole avec Mirta.) J'ai réfléchi, tu peux rester ici le temps que tu voudras.

Léo : Merci. Si ça peut te rassurer, j'ai pas l'habitude de fouiller dans la vie privée des gens ni dans leurs cartes de séjour.

 

EXTERIEUR – Près du bar du Mistral – Soirée

François : J'ai la promesse de vente sur moi, si vous voulez la signer.

Roland : Non mais attendez, ça ne paraît pas aux normes là. Ca va vous coûter une fortune.

Boris : Ne vous inquiétez pas, de toute manière je vais tout raser.

François et Roland : (En même temps.) Quoi ?

François : Moi, je reprends à quelqu'un qui reprend l'activité. Sinon, ça va devenir quoi ce quartier ? (L'homme s'en va.)

Roland : (En rigolant.) Bravo ton client.

François : T'as aucune raison de pavoiser. Parce que je vais en trouver un autre et ça ne va pas traîner.

Roland : T'as raison, il est sous tes yeux.

 

EXTERIEUR – Près du bar du Mistral – Matinée

Malik chantonne la chanson de Joe Dassin « La colline ». Il donne une tasse de café à Charlotte.

Charlotte : Tu ne peux pas chanter des trucs de ton âge.

Malik : Joe Dassin il est hors d'âge.

Charlotte : T'as une qualité pour le whisky pas toujours pour les chanteurs, crois-moi.

Malik : Joe Dassin et moi, c'est une histoire d'amour. Tu ne peux pas comprendre.

Charlotte : Hmm.

Roland sort du bar, sérieux et bien vêtu pour son rendez-vous.

Charlotte : Oh, mais tu as braqué un pressing. (Malik se met à siffler.)

Roland : (Se mettant à sourire.) Non, j'ai rendez-vous avec une femme.

Charlotte : Jeune ?

Roland : Hmm. Trente-cinq ans, des yeux de braises, une silhouette de rêve.

Malik : Il a le taux de crédit le plus bas du marché, sa banquière.

Roland : Ah, tu es bien étudiant en droit toi, tu poétises tout, hein ? Mademoiselle Ledoux elle s'appelle. Quoique Ledoux dans son cas, ça frise la publicité mensongère. (Il rit.)

Charlotte : Tu angoisses ?

Roland : Ça fait vingt ans que je suis dans cette banque, jamais un franc de découvert, je suis le client idéal.

Charlotte : Si tu obtiens ton prêt, tu me donnes ses coordonnées. Moi ça fait des années que je rame pour demander une facilité de trésorerie de rien du tout.

Malik : Et pourtant, elle est jeune, elle.

Roland : Quoi, jeune ?

Malik : Enfin.

Roland : Moi aussi je suis jeune. J'ai à peine soixante ans. (Charlotte rigole.)

Charlotte : Et dans six mois à peine, tu auras soixante-et-un à peine. (Elle continue de rigoler.)

Malik : Bon ça va, ne le prends pas comme ça, Roland, c'est juste qu'en ce moment les banques ne sont pas chaudes chaudes pour prêter aux seniors.

Charlotte : Aux juniors remarque.

Roland : Voilà, je me lève, j'ai la gnaque et si je vous écoutais, je serai bon pour retenir une concession au cimetière des Egalades.

Malik : Oh.

Roland : Et encore, à condition qu'on me tienne la main pour signer. Et je vous préviens, si vous cherchez à me démoraliser, vous êtes loin du compte. Comment ils disent mes petits-enfants déjà.. Ah ouais, je suis un winner.

Malik : Un battant.

Roland : Yes. Ce crédit, je l'aurai ou je ne m'appelle plus Roland Marci.

Charlotte : Bonne chance. (Roland s'en va, fier de lui.)

 

INTERIEUR – Dans l'appartement des Marci – Matinée

Lucas est en train de filmer tandis que sa sœur est en train de déjeuner. Blanche est avec eux et écrit.

Lucas : (En se filmant.) C'est le plus beau jour de ma vie. Ma sœur, soufflée aux dix plaies d’Égypte, se tire, se casse, gicle, direction : sports études. Ouais.

Johanna : (En soufflant et elle prend la caméra.) L'entraînement sera dur, insupportable mais au moins je ne verrai plus mon frère, cet alien répugnant. (Lucas souffle.)

Blanche : Il n'y a rien d'autres à faire ? (A Johanna.) Viens là, toi, je t'ai préparée des fiches.

Johanna : Ça sert à quoi ?

Blanche : Alors, la jaune, c'est pour les vêtements à emporter, la rose pour les affaires de toilette, la blanche pour les affaires de classe. Tu coches au fur et à mesure, comme ça t'es sûre de ne rien oublier. (A Lucas.) Et toi, tu ranges les BD qui traînent. Et tu aères ta chambre, ça sent le coyote. (Il souffle tandis qu'il s'en va.)

 

INTERIEUR – Dans le bureau de Céline – Journée

Céline est sur son ordinateur en train de travailler. Vincent frappe à la porte et lui amène un bouquet de fleurs.

Céline : Vous essayez de me corrompre ?

Vincent : Il vous en voudrait plus jusque ça, j'espère.

Céline : C'est une délicate attention.

Vincent : Je suis un être délicat.

Céline : Et légèrement suffisant, ou je me trompe ?

Vincent : Céline...

Céline : (Le coupant.) Monsieur Chaumette.

Vincent : Je veux ce poste.

Céline : Vous avez une curieuse façon de vous y prendre. Soit vous débarquez à l'improviste, soit vous quittez l'entretien en plein milieu.

Vincent : Ma fille venait de faire une fugue, admettez que j'avais des circonstances atténuantes.

Céline : Pas pour Picmal.

Vincent : Obtenez-moi un nouveau rendez-vous.

Céline : Avec lui ?

Vincent : Ouais.

Céline : Vous avez le sens de l'humour. Dès que je prononce votre nom, il sort un crucifix et des gousses d'ail. (Un homme arrive et serre la main de Céline.

Homme : Bonjour.

Céline : Bonjour.

Vincent : C'est quoi ça ?

Céline : Un candidat. Oh, il n'a pas votre CV je vous l'accorde mais lui au moins il arrive à l'heure et ne repart pas deux secondes après avec deux cheveux droit sur la tête.

Vincent : Attendez, il est nul ce type, ça crève les yeux, aucun charisme, aucune prestance, un imaginaire de bulot, il vous pondra des projets à sa mesure, inodore, incolore et étroit d'épaules.

Céline : Vous avez la dent dire mais c'est vrai que...

Vincent : Obtenez-moi un nouveau rendez-vous. Dix minutes, cinq minutes, une minute même et je vous jure que vous n'aurez jamais à le regretter.

Céline : Impossible. Picmal préfère choisir un architecte de la ville besogneux mais obéissant, plutôt qu'un talentueux ingérable comme vous. Désolée.

Vincent : Pas tant que moi. Bon, ne vous inquiétez pas, je vais rebondir, j'ai ciblé mon CV sur deux trois clients potentiels. Dans le privé, c'est pas les gros chantiers qui manquent en ce moment dans Marseille. Dommage, on aurait fait une jolie équipe. (Il s'en va du bureau et Céline le voit partir.)

 

INTÉRIEUR – Dans l'appartement des Marci – Matinée

François est en train de boire un jus d'orange lorsqu'il parle à son épouse.

François : Tu pleures ?

Blanche : Non, (prenant un visage renfrogné.) Mais c'est pas loin. (l rejoint son épouse.)

François : A quoi tu penses ?

Blanche : Je la revois à quatre ans, là, sur ses petits patins à glace.

François : C'est vrai qu'elle était craquante. (Il l'embrasse dans le cou.)

Blanche : Mais déjà volontaire. Ça passe trop vite.

François : Ouais, ça pourrait être pire, elle pourrait partir, je ne sais pas moi, aux Antilles, à Wallis-et-Futuna.

Blanche : Grenoble, c'est déjà assez loin.

François : Et puis, il faut voir les bons côtés, on va enfin pouvoir s'occuper de nous.

Blanche : À condition qu'on réussisse à résoudre nos problèmes d'argent. J'ai honte hein. Je n'ose plus passer devant le café. Avec ton père qui nous en veut. (Se mettant à pleurer.) Et puis Johanna qui s'en va. Au fait, moi j'en peux plus. (Elle se met dans les bras de François et se met à pleurer.)

François : Ne pleure pas ma belle. Moi j'aime pas quand tu pleures. Hein, (il l'embrasse dans le cou.) Ça va aller.

 

Roland utilise un tuyau d'arrosage ; François embrasse sa fille avec sa mère à ses côtés ; Mélanie qui remet bien le costume de Roland et montre son pouce pour dire que c'est bien.

 

INTÉRIEURDans la banque provençaleJournée

Roland est assis devant sa banquière qui utilise son ordinateur et se met à écrire.

Banquière : En principe, les remboursements ne doivent pas dépasser 32% de votre revenu. Et j'arrive à 34.

Roland : Donc c'est râpé ?

Banquière : Ça devrait, mais comme vous êtes un de nos plus vieux clients.

Roland : Pas vieux, ancien.

Banquière : Si vous voulez. Vous avez un compte chez nous depuis votre retour de vacances et en vingt ans, vous n'avez jamais eu le moindre découvert, ça mérite un petit effort, non ? Bien sûr, compte tenu de votre âge, il va falloir passer une visite médicale.

Roland : Pas la peine, je suis en pleine forme.

Banquière : Ah, je n'en doute pas, mais pour un emprunt de ce type, c'est obligatoire. Rassurez-vous, c'est une simple formalité. En fait, ils ne font de difficultés que pour les problèmes sérieux. Maladie du cœur, cancer. Vous fumez ?

Roland : Qui ?

Banquière : Vous.

Roland : J'ai eu fumer.

Banquière : Et vous avez arrêté comme toutes les personnes responsables.

Roland : Voilà.

Banquière : (Elle lui donne une enveloppe.) Tant mieux. Les poumons des fumeurs en ce moment, les assurances n'aiment pas de trop. (Elle passe un coup de fil.) Je prends rendez-vous avec notre médecin-conseil. Plus vite ce sera fait, plus vite le prêt sera mis en place.

 

INTÉRIEUR – Dans l'appartement des Marci – Journée

Ninon : (Frappant à la porte.) Il y a quelqu'un ? (Lucas sort de sa chambre et voit Ninon qui se met à rire car il est en caleçon.) Eh ben. Salut Lucas.

Lucas : Salut.

Ninon : Je voulais te demander un service.

Lucas : Ouais vas-y.

Ninon : T'es sûr que je ne dérange pas ?

Lucas : Non, non, non, vas-y, il n'y a pas de souci.

Ninon : Je voulais savoir si tu pouvais me prêter les CD.

Johanna : (Qui arrive, énervée.) T'es dégueulasse, tu as foutu mes posters à la poubelle !

Lucas : Ben, c'est normal, tu t'en vas, moi je m'installe, et encore, c'est pas fini ma vieille.

Johanna : Maman !

Lucas : (Prenant la voix de sa mère.) Reste ta sœur tranquille.

Blanche : (Hors cadre.) Laisse ta sœur tranquille !

Lucas : (À Ninon.) Et là encore, elle se tient. Tu vas voir à la gare, la cérémonie des adieux, ça va être quelque chose, hein.

Johanna : (Après s'être calmée.) Il n'y aura pas de cérémonie des adieux.

Lucas : Comment ça ?

Johanna : Ben, je me suis arrangée avec Audrey, ses parents viennent me chercher et m'emmènent à la gare. Parce que maman qui sanglote devant ma meilleure amie, c'est au-dessus de mes forces.

Lucas : Maman est au courant ?

Johanna : Ben pas encore. J'attends le bon moment. (Tout le monde est gêné.)

 

EXTÉRIEURSur le Vieux Port – Journée

Mirta : (Hors cadre ; en hurlant.) Roland !

Roland : Tu viens du marché ?

Mirta : Penses-tu, je promène mon panier.

Roland : Tu veux que je...

Mirta : Non, ça va, ce n'est pas lourd. Tu devrais t'habiller comme ça plus souvent, hein, ça t'avantage.

Roland : Compliment, tu vas tomber hallebarde.

Mirta : Pourquoi tu ne t'es pas mis en frais pour moi, c'est dommage.

Roland : Tu m'en as laissé le temps, peut-être ? Hein ? (Mirta sourit.)

Mirta : Et ta banquière ?

Roland : Comment tu sais ?

Mirta : Charlotte m'a dit. Alors ?

Roland : Ben, tu as devant toi le futur nouveau propriétaire du Mistral. Oh, il reste encore deux trois formalités mais le prêt est accordé.

Mirta : Sans difficulté ?

Roland : En cause ?

Mirta : Ton âge.

Roland : Ce n'est pas vrai, qu'est-ce que vous avez tous avec mon âge ce matin ? Ma banquière, elle a tout de suite vu que j'étais capable de prendre un nouveau départ dans la vie. Tu fais encore très vert, tu sais. Si tu veux je te le prouve.

Mirta : (Voyant Léo arriver.) Chut. Roland. (Elle racle sa gorge.)

Roland : (À voix basse.) Il est là l'autre.

Mirta : Le port est à tout le monde et l'autre il a un nom, hein.

Roland : Oui c'est ça, prend sa défense, de toute façon, tu as toujours eu un petit béguin pour lui.

Mirta : T'es jaloux.

Roland : De Léo, ça me ferait mal. (Mirta rigole.)

Mirta : Et bien tant mieux, parce qu'il va rester un moment à l'hôtel.

Roland : T'as pas fait ça ?

Mirta : Je prends les clients que je veux, dès que je peux. Oh, puis ça rime à quoi comme ça là, vous regarder en chien de faïence ? Vous étiez les meilleurs copains du monde. Les anges du Mistral, tu ne te souviens pas ?

Roland : Ben non justement, je ne me souviens pas.

Mirta : Et bien dommage d'oublier les bons souvenirs.

Roland : Et, qui c'est qui a lâché l'autre, hein, (Mirta souffle) qui c'est qui est parti de l'autre côté de la France sans un mot d'explication alors que j'étais le seul à prendre sa défense.

Mirta : Oui, mais je sais bien.

Roland : Mais, mais il n'y a pas de mais.

Mirta : (En colère.) Oh, puis arrête de passer tes nerfs sur moi. Expliquez-vous et puis qu'on en parle plus.

Roland : Je ne ferai pas le premier pas.

Mirta : (De nouveau en colère.) Oh, t'étais, t'étais.

Roland : Je suis quoi ?

Mirta : Un immature. (Ils s'en vont.)

 

INTÉRIEUR – Dans l'appartement des Marci – Journée

Blanche est en train de ranger les affaires de Johanna et elle prend un petit t-shirt. Cette dernière arrive dans la pièce avec Lucas.

Johanna : Il est où mon t-shirt canadien avec le caribou qui fait du patin ?

Blanche : Sur la table à repasser.

Lucas : J'y crois pas, elle a toujours pas fini ses bagages ?

Johanna : Mais tu ne peux pas comprendre un jean et un t-shirt, ça te fait un trimestre.

Blanche : Ton frère à raison, hein, si tu n'accélères pas un peu, tu vas finir par être en retard à la gare.

Lucas essaie de dire à sa sœur de parler de la gare et c'est lui qui, sur l'insistance de sa sœur, parle à sa mère.

Blanche : Hmm, ça.

Lucas : Maman.

Blanche : Oui.

Lucas : Tu sais pour la gare, on a bien réfléchi et ça serait pas sérieux. (Blanche regarde son fils.) Ben oui, depuis que tu t'es levée, tu n'as pas arrêté. Enfin bon, pour toi aussi c'est la rentrée. Ce serait bête que tu commences crevée.

Blanche : (Se levant.) Qu'est-ce que t'essayes de me dire ?

Lucas : En fait euh...

Johanna : J'ai demandé aux parents d'Audrey de m'amener à la gare.

Blanche : Mais c'est ridicule, je me suis organisée pour t'emmener.

Johanna : (Baissant les yeux.) Mais ils viennent me chercher à six heures.

Blanche : Il n'en est pas question, je suis ta mère, j'estime que...

Johanna : (La coupant.) Mais justement, t'es ma mère et tu vas pleurer. Et si tu pleures, je pleure aussi. Franchement, on aurait l'air de quoi devant Audrey ?

Blanche : Comme tu voudras.

Lucas emmène sa sœur dans leur chambre tandis que Blanche semble attristée.

 

INTÉRIEUR – Dans le bar du Mistral – Journée

Malik est en train de travailler sur son livre avec un stabilo à la main.

Malik : Article 373 qui con... qui concourra par quelque moyen que ce soit fait...

Mélanie : Ouh là là, je ne sais pas comment tu fais, hein, moi je devrai apprendre tout ça, ma tête exploserait je crois.

Malik : (Pendant que Roland arrive, l'air abattu.) Qui concourra par quelque moyen que ce soit fait une dénonciation calomnieuse.

Roland arrive dans le bar et dépose ses affaires et il fait la tête des mauvais jours, sous les yeux de Malik et Mélanie.

Malik : Pas besoin de vous demander comment ça s'était passé à la banque.

Roland : (Après s'être assis.) C'est foutu, je ne serai jamais propriétaire du Mistral.

Malik : Il ne faut pas dire ça Roland, une de perdue, dix de retrouver.

Roland : Mais le prêt, je l'ai, enfin je l'avais, parce que maintenant, rendez-vous demain avec le médecin-conseil de l'assurance.

Malik : Pour ?

Roland : Bilan de santé.

Malik : Enfin, c'est normal ça, à partir de la quarantaine, c'est la procédure. (Voyant l'enveloppe.) Je peux ? (Prenant les papiers qu'il y a dans l'enveloppe.) C'est un questionnaire de santé.

Roland : Merci, je sais lire.

Malik : Bilan sanguin, radio des poumons, cardio sous efforts, PSA, je ne sais pas ce que c'est.

Mélanie : (Faisant un café.) C'est un examen d'analyse pour la prostate.

Malik : Bon, ben le crédit vous l'aurez, vous êtes solide comme un roc.

Roland : Un roc, ça s'effrite. Un jour ou l'autre, ça finit par s'écrouler. Quarante-cinq ans que je fume et je n'ai pas vu un toubib depuis au moins dix ans.

Malik : Parce que vous n'en aviez pas besoin.

Roland : Va savoir. (Il prend un verre et Malik hoche la tête.)

 

INTÉRIEUR – Dans l'appartement des Chaumette – Journée

Vincent est en train de peindre tandis que Ninon regarde une carte. Ils écoutent de la musique.

Ninon : Oh, c'est cool, mon bahut est juste à côté. (Le téléphone de Vincent se met à sonner.)

Vincent : (Entendant le bruit de la sonnerie en fond sonore malgré la musique.) C'est quoi ça ?

Ninon : Une sonnerie de portable.

Vincent : Je l'ai mis où ?

Ninon : Mais papa, c'est pas toi, c'est dans le CD. C'est expérimental, tu ne peux pas comprendre.

Vincent : (Après avoir baissé le son.) Surtout ne m'aide pas.

Ninon : D'accord.

Vincent : C'était de l'ironie.

Ninon : La dernière que j'ai touché un pinceau, tu m'as dit que si je recommençais, tu me mettais direct à la DDASS. Tu flippes pour ton boulot.

Vincent : Pas du tout.

Ninon : La fille de la mairie, tu la vois quand ?

Vincent : Je l'ai revue.

Ninon : Ben alors ?

Vincent : Vu mon CV, je suis...

Ninon : (Le coupant.) Incontournable.

Vincent : Comme d'hab. (Elle rigole.)

Ninon : (Entendant la sonnerie.) C'est pas dans le CD. Ta sonnerie elle est trop pourrie.

Vincent : Ben c'est elle.

Ninon : Qui ?

Vincent : Céline, la fille de la mairie. Si tu trouves mon portable avant qu'elle ait raccroché, je, je, je double ton argent de poche.

Ninon : Ben alors là, si tu me prends par les sentiments. (Elle cherche dans un récipient et le trouve dans un paquet de gâteau. Elle le lui donne. Il prend le portable et répond.)

Vincent : Oui, Céline, oh, pensez-vous, vous ne me dérangez jamais. (Ninon mime en faisant du violon.) Hmm, hmm, oui, alors, ben, j'en étais sûr, vu mon CV. Je suis (avec Ninon) incontournable. (Il met la main sur la bouche de Ninon pour qu'elle s'arrête. Elle s'en va alors qu'elle s'assoit.) Il veut me voir quand ? Dans quarante-cinq minutes, vous ne trouvez pas que c'est un peu... Non, non. On se calme, on se calme. J'y serai. (Il raccroche et il est content.) Yes, l'adjoint au maire veut me voir dans trois quarts d'heure.

Ninon : Cool. Eh ben, ça te va bien le rose fuchsia, c'est très...

Vincent : (En regardant l'état de son t-shirt.) Eh ben. (Il donne le portable à Ninon et prend le fer à repasser et le donne à Ninon.) Ma fille, c'est le moment d'assurer. (Elle regarde son père et le fer et ne sait pas quoi faire.)

 

INTÉRIEUR – Dans le bar du Mistral – Journée

Roland est à son bar et il prend un paquet de cigarette et le sent.

Roland : Adieu nicotine, adieu goudron, (il le jette à la poubelle) adieu que tous les matins. (Il continue de compléter son dossier médical tandis que Léo arrive au bar. Il se retourne. Léo s'assoit.)

Léo : Salut. (Après une pause.) Tu ne te jettes pas sur le client.

Roland : Ça dépend lesquels. (S'approchant de Léo après avoir arrêté d'écrire.) Tu prends quoi ? Noisette serrée.

Léo : Quelle mémoire.

Roland : J'oublie rien. Jamais.

Mélanie nettoie le bar et fait le tour de Léo. Elle prend peur quand Léo prend un sucre. Elle continue son nettoyage et Léo regarde la photo sur le bar.

Léo : Tu l'as gardée. On leur avait mis une belle branlée aux frères Chapignon.

Roland : Ça.

Léo : On faisait une sacré paire à l'époque. Tu joues toujours ?

Roland : Je suis passé aux mots croisés. La pétanque, c'est de l'histoire ancienne. J'ai perdu la main depuis que mon partenaire m'a planté la veille de la finale.

Léo : Il avait sûrement une bonne raison, c'est pas le genre d'abandonner un ami sur un coup de tête.

Il prend sa tasse et va à l'extérieur tandis que Roland continue de compléter son dossier médical.)

 

INTÉRIEUR – Dans l'appartement des Chaumette – Journée

Avec la musique à fond, Ninon continue de repasser les affaires de son père. Il s'habille et se regarde dans un miroir, met sa veste avec l'aide de sa fille. Elle prend la mallette et la donne à son père qui s'en va. Elle s'allonge sur le canapé.

 

INTÉRIEUR – Dans l'appartement des Marci – Journée

Johanna : Oh, mais doucement, tu vas flinguer mes patins de compét comme ça.

Lucas : Ah oui, ce spécial cocu à l'arme forcée, hein ?

Blanche arrive et prend un sac.

Johanna : Je t'appelle ce soir, hein ? (Blanche fait oui de la tête et elles s'enlacent, tout en pleurant.) T'embrasse papy pour moi. (Blanche fat oui de la tête.) Tout ira bien maman.

Blanche : (En larmes.) Je sais ma chérie, je sais. Allez, tu vas être en retard. (En fermant la porte, elle continue de pleurer.)

 

EXTÉRIEUR – Devant le bar du Mistral – Journée

Léo est assis tandis que Roland arrive vers lui.

Roland : Je t'ai fait le prix comptoir.

Léo : Moi la pétanque, ça fait un bail que je n'y ais pas joué.

Roland : S'il y avait de bons pointeurs dans le nord, ça se saurait.

Léo : Et puis en solo, ce n'est pas pareil.

Roland : Maintenant que tu es revenu à Marseille, tu vas pouvoir te chercher un nouveau partenaire.

Léo : Je ne suis pas sûr d'avoir envie. Faut du temps pour fabriquer une paire comme la notre.

Roland : Ça.

Léo : (Mettant le poing vers l'estomac de Roland.) Ça m'a fait plaisir de te parler.

Léo s'en va tandis que François arrive vers son père.)

François : Je croyais que vous étiez fâchés ?

Roland : C'est mon problème.

François : Comment tu vas ? Je voulais être sûr que tu ne regrettais pas d'avoir racheté le Mistral.

Roland : Ce que je regrette, c'est de devoir te le racheter à toi. Le père qui rachète son outil de travail à son propre fils, avoue que ce n'est pas banal, non ?

François : T'étais pas obligé, hein ?

Roland : C'est ça, et je vais me laisser déposséder sans réagir.

François : Déposséder, mais c'est dégueulasse de dire ça, je n'ai jamais cherché à te déposséder. Je t'ai proposé de le racheter en premier mais tu m'as dit que tu n'avais pas l'argent.

Roland : Mais maintenant, je l'ai.

François: (Surpris.) Comment ça ?

Roland : Ce matin, je suis passé à la banque.

François : Et t'as vu qui ? Martineau ?

Roland : Non, mademoiselle Ledoux, elle au moins elle est humaine tandis que son patron... puis je m'entends mieux avec les femmes.

François : Résultat ?

Roland : Le prêt est accordé.

François : Quoi ? Déjà ?

Roland : Mais je suis un client fiable moi, je n'ai une parole, moi. Et quand j'ai un euro, je n'en dépense pas deux, histoire de ne pas attirer la galerie. Je dois juste passer une visite médicale et voilà.

François : Mais tu te sens bien, euh...

Roland : Tu t'inquiètes pour ta santé ou pour tes finances ?

François : Papa.

Roland : Mais te fais pas de souci, va, (il ricane) tu l'auras ton fric. Moi j'en prends pour dix ans mais c'est pas grave. Et puis si je claque avant d'avoir fini de rembourser, pas de panique, c'est l'assurance qui prendra le relais. (Il retourne dans son bar avec Mélanie derrière lui. François a la mains sur les hanches et attend.)

 

INTÉRIEUR – Dans le bureau de CélineJournée

Céline attend Vincent mais il arrive.

Céline : Vous avez sept minutes de retard.

Vincent : J'ai tout donné dans le dernier virage mais je reconnais que j'ai un peu mollis dans la ligne droite.

Céline : Et vous avez de la chance, Picmal est retenu à la commission hygiène et sécurité. Mais il ne devrait plus tarder.

Vincent : Ouf.

Céline : Qu'est-ce que c'est que cette loque ?

Vincent : (En mettant le bas de la chemise dans le pantalon.) Ah, c'est une chemise repassée avec amour par ma fille. J'ai pensé que le pressing, ça ferait un peu juste.

Céline : Le froissé, c'est tendance à la plage mais pas vraiment quand on a rendez-vous avec des élus locaux.

Vincent : Oui mais ça fera un peu moins parisien, c'est un plus avec Picmal, non ? (Céline touche le sourcil de Vincent.) Qu'est-ce que vous faites, si ce n'est pas trop indiscret ?

Céline : J'essaie de vous rendre présentable.

Vincent : Ah mais j'adore ça. (Picmal arrive et Vincent est gêné.)

Picmal : Ne vous gênez pas pour nous. (Il serre la main de Vincent.)

Vincent : Monsieur Picmal.

Picmal : Monsieur Chaumette.

Vincent : (Serrant la main du conseiller qui est avec Picmal.) Monsieur.

Picmal : Vous pouvez remercier mademoiselle Frémont, c'est à elle que vous devez cette deuxième et dernière chance. (Il s'assoit.)

Vincent : Monsieur l'adjoint au maire, monsieur le conseiller, je voudrais d'abord vous remercier de m'avoir reçu. Et comme ni vous ni moi n'avons de temps à perdre. (Il regarde Céline.) Je commence.

Il sort des documents pendant que Céline, les mains dans le dos, croise ses doigts.

 

DANS LA SUITE DE LA SÉRIE

 

Lucas : On y va.

Ninon : Oui.

Lucas : Euh, t'as pas ton maillot.

Rudy : Ben non.

Lucas : C'est con, j'ai failli t'en prendre un et puis j'ai oublié.

Rudy : Ce n'est pas grave.

Lucas : Bon, on y va.

Ninon : Salut.

Lucas : Salut.

Ils s'en vont mais Rudy les interpelle.

Rudy : Euh vous savez quoi, ce n'est pas grave, je vais vous accompagner. Je viens avec vous.

Ninon : Allez.

Kikavu ?

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