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#103 : Episode 3 : François endetté

Résumé : Vincent est sans nouvelle de sa fille. Pendant ce temps, chez les Marci, après des vacances de l'autre côté de l'Atlantique, l'heure des comptes a sonné. Roland va-t-il devoir en faire les frais ?

Popularité


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Première diffusion en France
01.09.2004

Diffusions

Logo de la chaîne France 3

France (inédit)
Mercredi 01.09.2004 à 20:20

Plus de détails

Réalisateurs : Charli Beléteau et Michel Hassan
Scénaristes : Bénédicte Achard, Marie Beauchaud, Hubert Besson, Georges Desmouceaux, Laurent Gassiole, Carine Hazan, Philippe Klébert, Magaly Richard-Serrano et Marc Roux

Acteurs principaux

Colette Renard : Rachel Levy Cécilia Hornus : Blanche Marci
Sylvie Flepp : Mirta Torres Serge Dupire : Vincent Chaumette
Michel Cordes : Roland Marci Thierry Ragueneau : François Marci
Rebecca Hampton : Céline Frémont Geoffrey Sauveaux : Lucas Marci
Dounia Coesens : Johanna Marci Ambroise Michel : Rudy Torres
Aurélie Vaneck : Ninon Chaumette Sofiane Belmouden : Malik Nassri
Ibtissem Guerda : Aïcha Djellal  

Acteurs secondaires

Vincent Audat : Monsieur Martineau Richard Guedj : Charles-Henri Picmal
Betty Mourao : Infirmière hôpital La Timone Véronique Smolen : Femme plage

Sans nouvelle de sa fille depuis 2 jours, Vincent est au bord de la crise de nerf et compromet sérieusement son entretien d'embauche pour le poste d'architecte de la ville de Marseille, malgré l'aide de Céline. De son coté, Ninon est hors de danger et se lie avec Rudy qui tombe littéralement sous son charme. Face à son sérieux endettement, François se voit fortement conseiller par son banquier de vendre les murs du Mistral ! Une perspective terrible pour François et impossible à annoncer à son père. La veille, Rachel à aussitôt été conduite à l'hôpital. Le lendemain matin, les mistraliens apprennent, soulagé, qu'elle est saine et sauve et plus râleuse que jamais.

PRÉCÉDEMMENT DANS PLUS BELLE LA VIE

 

INTÉRIEUR – Dans la boutique de Charlotte - Journée

Charlotte est en train de s'occuper d'une robe lorsque Vincent arrive dans la boutique.

Charlotte : Bonjour.

Vincent : Bonjour. Excusez-moi, j'ai fait tous les commerces de la rue et je cherche ma fille.

Charlotte : Attendez j'arrive. (Elle descend les escaliers.) Elle a disparu depuis longtemps ?

Vincent : Depuis hier.

Charlotte : Elle est peut-être tout bêtement sur une plage en train de regretter votre dispute. Demain, elle aura tout oublié.

 

INTÉRIEUR – Dans le bar de RolandJournée

François arrive dans le bar et va vers son père qui lit le journal.

Roland : Oh, fils, quel bon temps t'amène ? Dis-moi ce qui ne va pas. Tu crois que je n'ai pas compris.

François : Je vais devoir t'augmenter le loyer du Mistral. Cette fois c'est sérieux, je veux que tu me donnes un tiers de plus.

Roland : (Montrant sa chemise.) T'as qu'à prendre ma chemise.

François : Tu peux dire ce que tu voudras, je ne changerai pas d'avis.

Roland : Heureusement que moi je l'ai, l'esprit de famille.

 

EXTÉRIEUR – Devant l'appartement de Rachel - Journée

Malik : Vous savez très bien que votre proprio veut vous reloger dans un studio.

Rachel : (En ricanant.) Au studio, un trou à rats oui.

Malik : Si on en parlait tranquillement. Rachel, allons, soyez raisonnable.

Rachel : (En pleurant.) Je préfère mourir ici. (Elle fait un malaise puis s'écroule.)

Malik : Rachel. (En tapant sur le volet.) Rachel. (Il veut l'ouvrir mais elle est fermée, il tente de la forcer.) Rachel. J'espère qu'elle n'a pas fait de bêtise.

Blanche : Plus haut le pied de biche.

Tous : (A l'unisson.) Encore un effort.

Ils ont réussi à ouvrir la porte. Blanche, Malik et François entrent dans l'appartement et voient Rachel allongée sur le sol. Ils lui viennent en aide.

 

INTÉRIEUR – Dans l'appartement de Rachel

Rachel est allongée sur le sol.

Blanche : Rachel ! Elle respire ! Rachel ! Mais reste pas planté là, appelle une ambulance !
Malik : Il faut qu'elle respire quelque chose de fort !
Blanche : Rachel !
François : Rachel ?
Blanche : Mais laisse la respirer ! Alors ?
François : Ah ! Quand même ! Faut pas être pressé de mourir avec vous ! Cour du Mistral, au fond à gauche. Ah, bien sûr que c'est pour une urgence !
Malik : Ah, je crois qu'elle bouge !

 

EXTÉRIEUR – Sur la plage de la Pointe Rouge - Matinée

Rudy monte les escaliers alors que la musique continue. Ninon descend les escaliers suivi de Rudy.

Rudy : Quel soirée !
Ninon : Quel nuit, tu veux dire !

Rudy : Mon T-Shirt, c'est bon il est essoré.

Ninon : Ah ça, ça ne m'étonne pas, vu comme tu danses.

Rudy : Ça veux dire quoi ?

Ninon : T'es plutôt du genre démonstratif, sur la piste.

Rudy : Ben tout le monde ne peut pas se la jouer la petite parisienne. (Il fait du bruit avec sa bouche.)

Ninon : Tu danses comme ça ?

Rudy : Ouais, grave. (Il se rapproche de Ninon.) Euh, et maintenant, qu'est-ce que tu vas faire ?

Ninon : Je ne sais pas. Dormir.

Rudy : Tu vas peut-être appeler ton père, histoire de le rassurer.

Ninon : Non, plus de père, plus de maison, plus d'affaires parce que, de toute façon, j'ai... en plus, je me suis fait voler mon sac, ouh. Bref, je suis une femme libre. (Elle va vers une personne et met ses chaussures à côté d'elle.)

Rudy : Oh, j'hallucine, tu ne vas pas lui filer tes pompes ?

Ninon : Si, pourquoi pas, la vie c'est le partage, mon vieux.

Rudy : D'accord, mais elle ne pourra jamais les mettre.

Ninon : C''est vrai, t'as raison. Les tiennes iraient beaucoup mieux.

Rudy : Ouais, mais les miennes elles sont à moi, je les garde.

Ninon : Pfff. C'est la bien la mentalité de mon père ça.

Femme : Oh pourquoi, on ne peut plus pioncer. (Elle se rendort.)

Rudy : OK, (Il donne ses chaussures.) Tenez madame. (Il les dépose sur son caddie.)

Ninon : (À la dame.) Comme ça vous avez le choix. (Ils se mettent à courir vers la plage.)

 

INTÉRIEUR – Hôpital de la TimoneDans la chambre de RachelMatinée

Rachel se met à pleurer.

Mirta : Rachel, buvez un peu de thé, mangez des croissants.

Rachel : Non, merci Mirta, tout ce que je veux, c'est rentré à la maison. (Elle tente d'enlever son cathéter, Roland met sa main sur son bras pour ne pas qu'elle le fasse.)

Mirta : Non, ne faites pas ça !

Rachel : Mais pourquoi ?

Mirta : Parce que vous avez eu un malaise cardiaque.

Rachel : Tu crois que le propriétaire est en train de vider ma maison, que mes meubles sont étalés sur le trottoir.

Roland : Une seule personne ne touche pas une seule de tes affaires, il ne sort pas vivant du Mistral.

Infirmière : (Entrant dans la chambre.) Alors, madame Lévy. On reprend des forces ? Mais on n'a pas touché à son petit-déjeuner ?

Rachel : (Ironiquement.) Mais non, le thé n'était pas assez froid et les croissants pas assez durs. (Elle parle à voix basse.)

Roland : Elle va comment ? Elle a l'air faible.

Infirmière : Ne vous inquiétez pas, elle a fait un malaise vagal.

Roland : Mais qu'est-ce que c'est que ça ? C'est grave ?

Infirmière : Ça peut arriver quand on a eu une émotion forte et qu'on oublie de s'alimenter. Une chute de tension et hop, dans les pommes. Du côté du cœur, tout va bien.

Rachel : Je peux avoir le journal avec le petit-déjeuner ?

Mirta : Rachel, c'est un hôpital, hein, ce n'est pas un hôtel ici. Reprenez vos forces, ils font un travail très difficile, vous savez. Il faut être gentille, hein.

Rachel : Je sais, c'est pour ça que je fais un effort pour être gentille.

Roland : (En souriant.) Je vais appeler François et Blanche.

Rachel : Ben non, tu vas les déranger.

Roland : Je ne vais pas les déranger, je vais les rassurer.

Rachel : La petite, tu vas la déranger, le problème est passé.

Roland prend le combiné et tape le numéro sur le clavier.

 

INTÉRIEUR – Dans l'appartement des MarciJournée

Blanche est en train de noter des copies tandis que Johanna prend son petit-déjeuner.

Lucas : Bonjour. Ah, c'est qui le psychopathe qui a appelé à cette heure-là ? (Voyant l'assiette de Johanna.) Ah, dégueu, (il souffle).

Johanna : (Montrant son morceau de poisson.) Ben quoi, protéines, chips succulents, un petit-déjeuner équilibré réservé à ceux qui servent un minimum de leur corps.

Lucas : Ouais, c'est ça ouais, mais tu oublies juste un truc : (prenant un croissant) le plaisir de bouffer. (Il mange un bout du croissant.)

François : (Arrivant dans la pièce.) Je viens d'avoir Rachel, on est déjà chargé d'aller remonter ses horloges et réparer sa porte.

Blanche : (Continuant d'écrire.) Elle va beaucoup mieux, alors ? (Lucas regarde sa mère, François s'assoit et Johanna sourit.)

Johanna : Euh, au fait, vous avez réfléchi pour ma tenue de patinage artistique ? Non, parce que je part dans sport études dans une semaine et je ne vais pas y aller avec mon costume de petite sirène, je vais avoir la honte.

François : T'as choisi quel modèle déjà ?

Johanna : Mais ça fait cent fois que je vous le dis, c'est Nosferata, la reine de la nuit. (Tout le monde se met à rigoler.)

Lucas : Nosferda, ouh, le zombie du patinage artistique, ouh, bouh.

Johanna : (Se levant.) Mais je ne sais pas comment je fais pour continuer de croire avec une famille pareille.

Lucas : Non mais Johanna, Johanna attends-moi Nosferda, ouh. (Ils s'en vont.)

Blanche : Pour la porte de Rachel, je peux m'en occuper. La rentrée, c'est seulement dans une semaine.

François : D'accord, ça m'arrange parce que j'ai une journée... (Il boit son verre de jus d'orange.)

Blanche : T'es sûr que tout va bien, je te trouve préoccupée depuis qu'on est rentrés. T'as pas de problèmes au boulot ?

François : Aucun problème, ma chérie, aucun. Les bateaux avancent, ils seront bientôt mis à l'eau.

Blanche : Et ils feront le tour du monde parce qu'ils ont été conçus par le meilleur ingénieur de la planète.

François : Exact, ma chérie, exact. (Il se met à rire alors que le téléphone se met à sonner.) Ah, ça c'est pour moi. Allô ? Oui, monsieur Martineau. Comment allez-vous ? Mais j'allais vous appeler. (Blanche le regarde, l'air dubitatif.)

 

EXTÉRIEUR – Sur la place du MistralMatinée

Vincent est assis à l'extérieur du Mistral et il baille, regardant son téléphone. Malik apporte le café à Vincent en prenant une petite cuillère.

Malik : Alors ? (Vincent souffle.) Toujours pas de nouvelles ? Et la police ? (Vincent boit sa tasse et la repose. Céline descend les escaliers et arrive près de lui. Elle le voit et il est soucieux.)

Céline : Monsieur Chaumette, qu'est-ce que vous faites là ? Le rendez-vous avec l'adjoint au maire était à 10 heures et il est presque midi.

Malik : (Arrivant vers Céline.) Bonjour.

Céline : Un perroquet léger.

Malik : Un perroquet léger.

Céline : Qu'est-ce qui vous arrive ?

Vincent : Ma fille a fait une fugue. L'idée de s'installer à Marseille ne lui a pas plue et ça fait deux jours que je n'ai pas de nouvelles.

Céline : Mais quelle âge elle a, votre fille ? Dix-sept ans, c'est ça ?

Vincent : Mais c'est une véritable tête brûlée, elle peut suivre n'importe qui, n'importe où.

Céline : Vincent, vous avez remué ciel et terre pour obtenir ce poste d'architecte de la ville, vous m'avez convaincue de vous soutenir, je me suis impliquée.

Vincent : Vous ne comprenez pas ce que je vous dis, ma fille a disparu, DIS-PA-RU.

Malik : (Apportant la boisson pour Céline.) Et voilà, un perroquet léger pour mademoiselle.

Céline : Merci. (Elle boit son verre et Vincent continue de souffler.) Vous savez ce que je crois ? Je crois qu'elle vous met à l'épreuve. Elle a besoin de savoir si elle compte vraiment pour vous. Et le meilleur moyen de lui prouver c'est d'aller jusqu'au bout de votre démarche. Ce poste, c'est la stabilité. Une chance de devenir père à plein temps, c'est ce que vous vouliez, non ? Allez, on se change, on prend le dossier de candidature et on y va, d'accord ? (Prenant le téléphone.) L'adjoint Picmal pour Céline Frémont. (Baissant le téléphone.) C'est pour votre fille que vous allez le faire.

 

EXTÉRIEUR – Sur la plageMatinée

Rudy est allongé tandis que Ninon est sur la plage, assise, regardant la mer. Elle pleure.

Ninon : (Voyant Rudy se réveiller.) Salut. (Il la voit pleurer.) C'est beau ici, hein ? Ma mère est en Afrique, mon père est à Marseille et moi, (elle renifle, continuant de pleurer) je ne sais plus où j'en suis là. Si au moins il m'avait expliquée, tu vois s'il m'avait dit « Ninon, est-ce que tu veux bien vivre à Marseille ? » Il me déplace comme un objet. Si maman avait été là, au moins, ça serait différent, tu vois. (Se tournant vers Rudy.) Franchement, il aurait fait ça ton père, toi ?

Rudy : Je n'en sais rien parce que je n'ai pas de père, enfin, je ne sais pas qui c'est.

Ninon : Et tu n'as jamais eu envie de le connaître ?

Rudy : À ton avis, non, tu vois tu sais, je suis un mec libre, sans attache. (Ils se collent l'un à l'autre.) Ça va mieux ? (Elle fait oui de la tête. Il essaie de l'embrasser mais elle recule.) Ah, excuse-moi, j'ai cru que tu...

Ninon : Écoute Rudy, tu as été vraiment génial mais maintenant, on va prendre chacun le cours de notre vie. Moi, je vais rentrer à Paris en stop, je vais... je vais trouver des copains pour m'héberger.

Rudy : Tu n'as pas honte, tu n'as même plus de pompes, tu ne vas pas rentrer à Paris en stop sans pompes ? (Elle sourit tout en reniflant.) Si tu veux je t'invite chez moi. Alors, je te préviens, copain-copine, n'essaye pas de me sauter dessus, je te connais. (Ils se mettent à rire.) Petite pause, je passe deux ou trois coups de fil, et avec ça, (il se lève) tu pourras même prendre une douche si tu veux. Et je ne regarderai pas dans le trou de la serrure. (Levant la main droite.) Promis juré. (Elle se lève et il fait une révérence.) Mademoiselle. (Ils s'en vont bras dessus bras dessous.)

 

Aïcha nettoie les vitres, Mirta danse, Roland fume dans la cuisine. Monsieur Martineau est en train de manger un sandwich.

 

INTÉRIEUR – Dans la banque provençaleDans le bureau de monsieur MartineauJournée

Martineau : (Mangeant devant François.) Désolé de vous recevoir pendant ma pause, je devais vous voir au plus vite, il faut qu'on trouve une solution.

François : Alors j'ai pensé, euh, comme je vais toucher une grosse prime de fin d'année, on pourrait mettre en place un nouveau crédit pour faire face aux frais.

Martineau : (Faisant non de la tête.) Ça monsieur Marci, c'est impossible. Je dois rendre des comptes moi aussi. On a deux échéances de mille euros qui arrivent et votre découvert est déjà de 8 000...

François : (Le coupant.) Oui, oui je sais.

Martineau : Je me suis penché sur les mouvements de votre compte, vous êtes parti en vacances au Canada, je crois.

François : Oui, enfin non, non, c'était pour le concours de patinage artistique de ma fille. Après qu'est-ce que vous voulez, on était au bout du monde, on s'est fait un peu plaisir.

Martineau : Ouais, je comprends, mais avant il y avait eu vos petits frais du printemps. Mais ne vous inquiétez pas, on a toujours une solution. Elle est même sous vos yeux tous les jours. Le café de votre père. Vous êtes propriétaire des murs ?

François : Oui, ça ne veut pas dire grand-chose.

Martineau : Ah si, monsieur Marci, ça change tout. Vous auriez pu hypothéquer mais ce n'est pas suffisant. La seule solution, c'est de vendre.

François : (Surpris.) Vous voulez que je vende le café de mon père ?

Martineau : Les murs seulement. En gardant le fonds, votre père pourra continuer son activité. Il vous faut des liquidités, monsieur Marci. Sinon, vous allez tout droit à la saisie sur salaire. Vous êtes marié sous le régime de la communauté des biens. (François fait un oui de la tête.) Alors, ça concernera aussi Madame. Il faut nous comprendre, monsieur Marci, vous êtes allé beaucoup trop loin, on ne peut plus vous suivre. (François est étonné.) Merci, monsieur Marci. (Il continue de manger son sandwich.) Bonsoir.

 

INTÉRIEUR – Dans le bureau de CélineJournée

Picmal : Nous avons un grand dessein, pour notre ville, il ne s'agit pas de construire des immeubles ou des terrains de sport, il s'agit de construire un état d'esprit. Marseille a besoin d'un architecte pour entrer dans le troisième millénaire. (Vincent est pensif et inquiet.) Alors, dans un premier temps, votre mission consistera à rénover le parc d'abribus est notre projet prioritaire.

Vincent : Bon, c'est très bien, je m'occupe des abribus. C'est tout, il y a autre chose ?

Picmal : Je vous montre le slogan. (À Céline.) Céline, le slogan.

Céline : « Il y a une vie sous l'abribus ».

Picmal : Oui, « une vie sous l'abribus ». Percutant non, et en même temps, ça reflète un concept un peu plus vaste.

Vincent : Excusez-moi, (il parle à voix basse à Céline) il ne peut pas accélérer parce que là, je n'en peut plus. (Son téléphone se met à sonner. C'est Laurence, son ex-épouse.) Oui, Laurence, je peux te parler. Oui, oui.

Picmal : Mademoiselle Frémont.

Céline : Oui, je sais, il est un peu déroutant mais c'est parce qu'il est à fleur de peau, c'est un artiste. Regardez ces réalisations, Vincent Chaumette n'est pas seulement un architecte. C'est un visionnaire.

 

INTÉRIEUR – Dans l'appartement des MarciJournée

François est en train de regarder dans ses papiers.

Lucas : Tu es déjà rentré ?

François : Ah oui, non, enfin, j'y retourne.

Lucas : Ah.

François a retrouvé le dossier de la propriété du bar. Lucas a pris sa caméra et filme son père.

François : Lucas. Lucas, c'est vraiment pas le moment.

Lucas : Euh papa, papa, tu sais pour euh.

François : Oui, oui, ton logiciel de montage vidéo.

Lucas : Ben ouais, j'ai trouvé une super occas mais il faut se décider assez vite.

François : C'est combien, 500€ ?

Lucas : Bah...

François : Plus ? 700 ?

Lucas : (À voix basse.) Bah... (Faisant un geste de la main en montant.)

François : 1 000 € ?

Lucas : Ouais mais bon pour du matériel semi pro, c'est donné quoi.

François : Ben, écoute Lucas, tu as encore un mois de vacances, alors, ça serait bien que tu prennes un petit boulot comme ça tu pourrais participer un peu à tout ça.

Lucas : (Surpris.) Quoi ?

François : (S'énervant.) Spielberg a travaillé trois mois, trois mois, trois ans dans une station-service pour se payer ses études.

Lucas : Ah non, alors je suis désolé.

François : Il aurait pu, c'est bien son genre. (Prenant son attaché-case, il s'en va.) Et puis, j'aimerai bien que dans cette famille, les relations soient un peu moins... monétaires. (Il s'en va dans la chambre de Lucas et Johanna tandis que Lucas souffle.)

 

EXTÉRIEUR – Sur la place du MistralJournée

Rudy touche les lunettes de soleil de Ninon.

Rudy : Voilà. (Touchant la tête de Ninon.) Bouge pas. Voilà, discrétion assurée.

Ninon : Alors mec, elle est où ta planque ?

Rudy : (Montrant l'endroit avec son doigt.) Juste là, il suffit juste de passer par l'entrée de l'hôtel. (Voyant Roland et Mirta.) Attends, ah non, il y a ma grand-mère qui est là, on est bloqués.

Ninon : Ta grand-mère ? Bah attends, elle est super jeune.

Rudy : Ouais.

Ninon : Mais pourquoi tu te caches ? Elle ne t'a jamais vu avec une fille nue ?

Rudy : Attends, qu'est-ce que tu crois ? Elle ne m'a jamais vu avec une fille du voisin, c'est surtout ça et surtout quand elle est en cavale. (Ils rigolent.)

Ninon : Et lui, c'est qui ?

Rudy : Ah lui, c'est Roland, c'est le patron du bar qui est là.

Ninon : Non, et d'accord.

Mirta : Roland, dépêche-toi, j'aime pas laisser l'hôtel trop longtemps.

Roland : Ah t'as raison, des fois qu'il y aurait un client.

Mirta : J'ai rendez-vous avec un représentant pour faire installer la télévision par satellite. Quelle mouche t'a piqué cet après-midi pour être désagréable ?

Roland : C'est Rachel, je ne supporte pas de la voir comme ça.

Mirta : Tu as entendu l'infirmière, elle va bien. Ils vont faire le maximum pour qu'elle sorte le plus vite possible.

Roland : Tu m'étonnes.

Mirta : Dis-donc, il y aura des crises de nerfs à l'hôpital.

Roland : Des démissions en cascade. (Ils rigolent.) Si elle part en maison de retraite, elle ne tiendra pas un mois. Le Mistral sans Rachel, ce ne sera plus le Mistral.

Mirta : Hmm.

Roland : Elle va vivre seule.

Ninon : Dis-donc, ils ont l'air proche, hein ?

Rudy : Ils viennent de se rendre compte qu'il y a deux mois, ils étaient toujours amoureux ensemble, alors. C'est pour ça, enfin, mais par contre motus, personne n'est au courant.

Mirta : (Posant la main sur l'épaule de Roland.) On va trouver une solution pour Rachel. Tu ne vas quand même pas pleurer sur ton sort. Parce que tu n'as rien d'un petit vieux, hein, ou alors sacrément gaillard. (Elle sourit.)

Roland : Hmm. Toutes les femmes du quartier tomberont amoureux pour moi.

Mirta : Une seule a ta préférence et ce soir, elle espère bien une petite visite.

Roland : Ça dépend, quand elle a le satellite, elle aime les chaînes de foot. 21 heures.

Mirta : Tu passes par la sortie de secours ?

Roland : Comme d'habitude.

Mirta lui fait un bisou de la main et s'en va.

Roland : (Entrant dans le bar et voyant des gens sur la terrasse.) Ça va, Jean ?

 

INTÉRIEUR – Dans l'hôtel Select -Journée

Aïcha est en train de faire le ménage en écoutant de la musique, lorsque Ninon et Rudy entrent en espérant de ne pas se faire repérer mais Aïcha croit les avoir vus.

Aïcha : Rudy, c'est toi ?

Rudy : (Hors cadre.) Oui, oui, Aïcha, c'est moi. (Elle continue son ménage.)

 

INTÉRIEUR – Dans le bureau de CélineJournée

Il est 16 heures 43 sur le portable de Vincent qui montre le message : « Rappelle Ninon », tandis que monsieur Picmal et Céline sont en pleine discussion. Il tente de la contacter.

Vincent : Allô ? Qui est là ? Qui est là ? Il y a quelqu'un qui a décroché, quelqu'un a décroché !

Céline : Vincent.

Vincent : (À voix basse.) Je retourne chez les flics.

Picmal : Mademoiselle Frémont, vous n'avez pas l'habitude de perdre mon temps. (Il lui redonne le stylo en le mettant dans la main de Céline.)

 

EXTÉRIEUR – Près de la maison des MarciJournée

François arrive près de la porte de chez lui lorsqu'il voit Blanche utilisant un tournevis. Il a une rose dans le dos.

François : Rien n'est plus beau qu'une belle femme en train de bricoler. Je te remplace ?

Blanche : Oui, parce que là, il faut visser.

François : Une main de fer dans un gant de velours. (Il lui donne la rose.)

Blanche : Ah, elle est très belle, hein ? Tu l'as volée, j'espère ? J'ai réfléchi.

François : Hmm, hmm.

Blanche : On pourrait lancer une souscription pour Rachel. On lui trouverai un studio dans le quartier et puis on l'aiderai à payer le loyer.

François : Écoute Blanche, on a assez avec nos problèmes.

Blanche : (Surprise.) Ah bon ? Quels problèmes ? François, t'as plus d'argent ? (Voyant le regard de son mari.) C'est ça, on n'a plus d'argent.

François : Mais si. Qu'est-ce que tu vas t'imaginer ?

Blanche : Arrête de me prendre pour une imbécile. Le banquier t'a appelé à huit heures ce matin et c'est qu'il avait une bonne raison. Alors, qu'est-ce qui se passe ?

François : Mais c'est seulement que... (il peine à trouver ses mots.) Je vais toucher une grosse prime de fin d'année alors, en attendant, il faut qu'on soit un peu plus... prudent, c'est tout. (Il tente de l'embrasser mais elle s'en va.)

 

INTÉRIEUR – Dans la chambre de MirtaJournée

Elle danse le flamenco dans sa chambre et quelqu'un frappe à la porte. Elle va voir qui c'est et c'est Roland et le fait entrer.

Roland : Mirta.

Mirta : Quoi ?

Roland : On ne peut plus continuer comme ça.

Mirta : Oh.

Roland : Ça m'excite plus de passer par la sortie de secours.

Mirta : Tais-toi, tais-toi.

Roland : Mais si on vivait ensemble, on pourrait faire l'amour plus souvent.

Mirta : Oh...

Roland : Comme tu voudrais, hein ? On pourrait même passer devant le maire.

Mirta : Arrête de dire des bêtises.

Roland : Je ne plaisante pas Mirta, j'en ai assez de me cacher.

Quelqu'un frappe à la porte et elle tente de cacher Roland.

Aïcha : (Derrière la porte.) C'est moi, Aïcha.

Mirta : J'arrive, j'arrive. (Elle ouvre la porte.)

Aïcha : Je voulais savoir si tu dînais avec moi.

Mirta : Euh, ce soir ?

Aïcha : Ouais, j'ai fait une pastilla, il y a Charlotte qui vient dîner, on se fait un dîner entre voisines. T'as prévu autre chose peut-être ?

Mirta : Non, non, non, non, écoute, je finis des papiers, j'en ai pour vingt minutes, j'arrive, hein, des papiers pour l'hôtel. Voilà.

Roland : (Qui est sorti de sa cachette.) C'est moi les papiers que tu dois finir ?

Mirta : Oh, écoute.

Roland : J'ai des sentiments, Mirta. Je t'aime.

Mirta : Roland.

Roland : Je veux que tout le monde soit au courant. (En haussant la voix.) Roland est amoureux de Mirta.

Mirta : Roland, chut.

Roland : Roland veut épouser Mirta.

Mirta : Roland, chut, Roland !

Roland : (Qui va ouvrir la porte pour se mettre à crier.) Mirta, je veux vivre avec toi !

Mirta : Roland, Roland, Roland, chut. (Elle ferme la porte.) T'es fou.

Roland : Je ne veux plus continuer comme ça.

Mirta : Roland, ça suffit, c'est du chantage, ça.

Roland : Parfaitement.

Mirta : Eh ben, ça ne marche pas avec moi, si cette relation ne te convient pas...

Roland : Très bien. Tu as conscience de ce que ça signifie ? Je ne reviendrai plus. Plus jamais. Si je passe cette porte, c'est pour toujours, définitif. (Il s'en va.)

 

DANS LE PROCHAIN ÉPISODE

 

INTÉRIEUR – Dans le bar de RolandJournée

François : Il faut que je te parle.

Roland : Une autre fois, je ne suis pas d'humeur.

François : C'est important et c'est urgent. J'ai des problèmes d'argent.

Roland : Je te préviens, si c'est pour venir taper.

François : On n'en est plus là. Je suis venu te prévenir de...

Roland : De...

François : Je n'ai pas le choix, je suis pris à la gorge.

Roland : Tu es venu me prévenir de quoi ?

Kikavu ?

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diana62800 
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whistled15 
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