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#102 : Épisode 2 : Ninon disparaît

Résumé : Drame au Mistral, Rachel est menacée d'expulsion. Ninon va-t-elle accepter les nouveaux choix de vie de son père, Vincent ?

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Première diffusion en France
31.08.2004

Diffusions

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France (inédit)
Mardi 31.08.2004 à 20:20

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Plage :
Ninon dort sur la plage. Elle se fait voler son sac.  


Bar du Mistral :
Mélanie charrie Malik qui travaille tout le temps. Ils se plaignent tous le deux. Mélanie s’en va et Roland arrive, il redemande à Malik si il ne peut rien faire pour que Rachel ne se fasse pas expulser. Ils ne peuvent rien faire. Vincent, qui semble inquiet, demande un café et explique à Roland se qui se passe. Roland essaie de le rassurer. 

 


Appartement des Marci :
François est au téléphone et est impatient qu’on décroche. Blanche arrive, il raccroche prétextant être un fournisseur. Le téléphone sonne et François court pour décrocher. Il donne ensuite le téléphone à Blanche puisse que c’est sa directrice. Elle lui demande de prendre une nouvelle classe, elle va y réfléchir. Ils s’embrassent.

 

Bar de Roland :
Roland essaie de consoler Vincent. Vincent critique Ninon. Puis explique à Roland que Ninon est bornée et qu’elle ne connaît pas Marseille. Roland le console. Malik lui explique que comme elle est majeure, il peut aller à la police, Vincent va y réfléchir. Il part et laisse sa carte de visite à Roland au cas où elle rentrera. Roland lit la carte et apprend qu’il architecte. 

 

Cour du Mistral :
Mirta et Aïcha essaient de faire sortir Rachel qui refuse. Elles ont amené des légumes. On apprend qu’Aïcha veut devenir infirmière. Puis, elles discutent de leurs métiers.

 

Gare :
Ninon essaie de passer sans son billet pour Paris, malheureusement elle n’y arrive pas.

 

Cour du Mistral :
Mirta essaie toujours de faire sortir Rachel. Roland arrive et l’embrasse, Mirta le repousse prétextant qu’on pourrait les voir. Roland la drague et Mirta parle à Rachel. Rachel ouvre et essaie de fermer les volets mais Roland les retient. Ils discutent. Rachel compte faire des manifs et se battre. Elle refuse les fruits et légumes que Mirta et Roland lui propose. 

 

Atelier de Charlotte :
Vincent qui cherche toujours sa fille demande à Charlotte si elle l'a vue. Charlotte demande pourquoi et Vincent lui explique. Charlotte lui explique qu’elle aussi fuguait pour attirer l’attention de ses parents. Elle lui conseille de ne pas faire de reproche à Ninon quand elle reviendra. Vincent part et Charlotte l’observe amoureusement.  

 

Plage :
Deux hommes menaçant charment Ninon. Pas très en confiance, Ninon s’enfuit en courant. 

 


Bar du Mistral :
François arrive et demande à parler à Roland. François l’informe qu’il a des problèmes d’argent et qu’il devra lui augmenter le loyer du Mistral. Roland, fâché, engueule son fils. François trouve des excuses. Les deux hommes se fâchent et se reprochent tout.

 

Place du Mistral :
Vincent se promène sur la place du Mistral et croise Blanche. Il l’aide à porter ses courses et ils papotent. Ils parlent de leurs enfants, leur vocation, ... 

 


Bar du Mistral :
François annonce à Roland que c’est sérieux et qu’il veut qu’il paye 1/3 de plus. Roland fâché, lui dit de prendre sa chemise. François ne changera pas d’avis et se disputent. Pour finir, Roland lui lance quelques billets. François quitte le bar.

 


Centre Ville :
Vincent cherche toujours sa fille. Son téléphone sonne, il croit que c’est Ninon, mais en réalité c’est Laurence, sa femme, il lui ment prétextant que Ninon adore Marseille et qu’elle est à la plage. Il lui dit aussi qu’ils rentreront dans une semaine. Ninon doit la rappeler quand elle rentera chez elle. Vincent raccroche et aperçoit une fille avec la même coupe de cheveux que Ninon, il l’arrête et s’aperçoit que se n’est pas sa fille. Puis il demande à un passant où est le commissariat.


Cour du Mistral :
Rachel toujours enfermée chez elle, refuse de sortir même si Malik essaie de la convaincre. Elle annonce qu’elle préfère mourir chez elle qu’aller ailleurs. Puis elle tombe, Malik essaie d’ouvrir la porte.

 

Place du Mistral :
Rudy l’aborde et lui propose de venir avec lui à un concert, elle refuse disant qu’elle a des emmerdes. Elle voit Vincent arriver et part se cacher. Rudy annule son rendez-vous avec Lucas et part avec Ninon.  

Appartement de Rachel :
Blanche, François et Malik défoncent la porte et trouvent Rachel étendue sur le sol...

 

Résumé effectué par Laulau11 et carine79 pour les photos

Ninon sur la plage en train de dormir quand elle se fait voler son sac par quelqu'un.

Ninon (en hurlant) : Eh !!! Mon sac !!! Ah ouais d'accord ! Je vais me tirer d'ici vite fait moi !

Au Bar du Mistral :

Mélanie (à Malik) : T'as bossé tout l'été. Tu te remets déjà à étudier ? Et si t'as pas ton diplôme d'avocat, porte plainte. Je serai ton témoin.

Malik : En tout cas, je l'aurais mérité. Depuis le temps que je bosse pour me payer mes études.
Mélanie : Ouais,moi aussi je bosse comme une dingue (en regardant Roland) mais c'est pas pour me payer mes études.
Malik : Tu sais Mélanie, si un jour je suis un grand avocat... je t'offrirai des grande vacances.
Mélanie : Ouais c'est ça, en attendant avale ton carburant.

Mélanie part dans la cuisine avec un croissant.

Roland : Au fait, t'as trouvé une solution ? Parce qu'il paraît que l'on n'a pas le droit d'expulser les locataires quand l'hiver arrive.

Malik : Ah non non. Dans ce cas, c'est foutu.

Roland : Comment ça « foutu » ?

Malik : Ben... Je l'ai dit. Le proprio, il est totalement dans son droit.

Roland : Ah ! Parce que ce comporter comme un saligot avec une veille dame, ça c'est un droit ?

Malik : Oh ! Mais ça fait au moins deux ans qu'il l'a prévenue.

Roland : Et alors ? A l'âge de Rachel on ne les compte plus, les années.

Malik : Ouais mais là, c'est complètement légal.

Roland : Et l'amical, qu'est-ce que vous en faites à la fac ? Parce que Rachel, si on l'expulse, ça va lui faire le même effet que lorsqu'on a évacué le port en 43. (Il repart derrière son bar alors que Vincent est assis au comptoir.)

Vincent : S'il vous plaît, un double café très, très serré.

Roland : Très très serré ?

Vincent : Hmm.

Roland : Vous n'avez pas l'air d'être en très grande forme.

Vincent : C'est à cause de ma fille. Je n'ai plus de nouvelles depuis hier soir.

Roland : Ah bon. Quelle âge elle a ?

Vincent : Dix-sept ans.

Roland : (Faisant le café.) Oh, ne vous en faites pas trop, à cet âge, on est tellement insouciant, hein. Et puis, on va vous habituer, il ne faut pas s'en vouloir qu'elle s'en va une nuit. (Il sourit.)

Vincent : Eh ben non, je ne m'y habitue pas, c'est toujours une gamine et je suis mort d'inquiétude.

Roland : Vous voulez pas une goutte de lait pour faire passer votre café très très serré ?

Vincent : Oui, oui, allez-y. (Roland va dans la cuisine chercher le lait tandis que Vincent est pensif et inquiet.)



INTÉRIEUR – Dans l'appartement des MarciMatinée

François passe un coup de fil, regarde sa montre et prend un dossier.

Femme : Centre des impôts du quatrième arrondissement...

François : Oui, oui, c'est ça, ça fait dix minutes que j'attends.

Femme : Nous allons donner suite à votre appel.

François : Oui, allez vas-y. Décroche, inspecteur de mes... (Quelqu'un répond mais voyant son épouse, il raccroche et dépose le combiné sur le socle.)

Blanche : Ben, t'es pas encore parti ? (Elle reboutonne sa chemise.)

François : Non. J'avais un coup de fil à passer. Un fournisseur. Les peintures anti rouille qui nous ont livrés au chantier sont périmés. Ces salauds ont profité que j'étais en vacances. (Il s'assoit sur le bord du canapé.) 200 litres à foutre à la poubelle, hein ? Si je ne m'étais pas rendu compte, on perdait trois mille euros. (Le téléphone sonne, Blanche y va et François y va aussi croyant que c'est pour lui. Il prend le combiné.) Allô ? Oui, bonjour. Non, elle est là, je vous la passe. (Elle se recoiffe et François donne le téléphone.) Ta directrice.

Blanche : (En souriant..) Allô Michelle, alors et tes vacances ? Oh, il faut que je te raconte, le Canada, on s'est régalé. (Pendant ce temps, François regarde son dossier.) Quoi ? Reprendre la classe de Sylvie ? Mais t'es dure là, c'est un CM1, j'ai préparé le CP, moi. Ah, elle est en dépression. Remarque, seule avec trois enfants et sans poste fixe, qu'est-ce qu'ils attendent au rectorat pour la titulariser ? (Elle va vers son mari qui range le dossier.) Bon, on ne va pas baisser les bras dès le premier jour. Ça va, je vais y penser. D'accord, je te rappelle. (Elle donne le téléphone à François qui le remet sur le combiné.) La rentrée commence mal, hein ? Attends-toi que je te fasse la gueule. (Ils s'embrassent.)



INTÉRIEUR – Dans le bar de RolandMatinée

Roland est revenu de la cuisine avec le pot rempli de lait et le donne à Vincent.)

Vincent : Merci.

Roland : Ne vous en faites pas, elle va revenir votre fille. (Essuyant la vaisselle du comptoir.) Elle a dû faire la fête toute la nuit. Marseille, maintenant, c'est une ville branchée. Les boîtes de nuit restent ouvertes jusqu'à huit heures du matin. (Il essuie un verre.) Les « After » ils appellent ça. J'en sais quelque chose parce qu'ils offrent le petit-déjeuner alors, ils me font concurrence.

Vincent : Remarquez, ce serait bien son style d'aller danser toute la nuit sans me prévenir. Elle en a toujours fait qu'à sa tête, cette gamine. Bon, je pense plutôt qu'elle a fugué parce qu'on s'est disputé. Elle ne connaît pas du tout Marseille, elle vient juste de Paris.

Roland : Oh, essayez de ne pas trop vous en faire. À cet âge, les fugues, ça dure deux jours et puis après. Est-ce que vous savez qu'au bout de deux jours, ils commencent à manquer de (il fait le geste avec sa main pour parler de l'argent.) ravitaillement. Tenez, moi, mon fils, lui, il ne tenait qu'une journée avec l'argent de poche. (Malik arrive.) C'est vrai que c'est un dépensier.

Malik : (Entendant la conversation.) Si elle est majeure, vous ne pouvez rien faire. Sinon, allez à la police.

Vincent : Ah, j'étais sur le point d'y aller. Elle ressemble beaucoup à Laurence, ma femme. (Il montre la photo de Ninon à Malik.) Enfin, mon ex. (Il la montre à Roland.) On ne sait jamais si elle revient par ici, enfin, si, si elle n'est pas totalement perdue parce que cette ville est un vrai labyrinthe.

Roland : Oh, mais à Marseille, un Parisien ne peut pas se perdre, parce que en général, il repart tout de suite. (Il ricane.) Et quand il demande la direction de la gare, on lui répond illico. Euh au fait, vous avez essayé la gare ?

Vincent : Oui, oui, je l'ai ratissée de long en large pendant des heures. Écoutez, je vous laisse ma carte, on ne sait jamais si elle repasse par là. (Il donne la carte à Roland.) Vous me passez un coup de fil.

Roland : Oui, oui, d'accord.

Vincent : Merci.

Roland : Pas de soucis. (Vincent est parti et Roland regarde la carte de visite.) Cabinet Vincent Chaumette, architecture consulting, intégration humaine, valorisation de la lumière, oh, oh, oh, si avec tout ça, il ne retrouve pas sa fille.

Malik : (Regardant la carte que lui a donnée Roland.) Ça fait classe quand même.

Roland : Quand tu seras avocat, quand tu auras eu ton diplôme, sur ta carte tu pourras mettre : « Cabinet Malik Nassri, avocat consulting, intégration quartier... »

Malik : « Valorisation maghrébine ». (Ils se mettent à rire et ils se tapent dans les mains.)



EXTÉRIEUR – Sur la place du MistralJournée

Aïcha court vers l'appartement de Rachel où se trouve Mirta avec des courses.

Mirta : Ah, merci Aïcha, mais ce n'était pas la peine de te dépêcher, elle ne veut toujours pas ouvrir ses volets. (Aïcha s'accroupit.) Moi je renonce.

Aïcha : Ah non, il ne faut jamais renoncer. Tu sais à l'hôpital quand une personne âgée ne voulait pas sortir de sa chambre, c'est un premier signe de déprime.

Mirta : Rachel, de la dépression ? C'est plutôt de la rébellion, oui.

Aïcha : Quand elle sortira, je lui ferai une visite médicale.

Mirta : Oh toi, il te tarde de devenir infirmière, hein ?

Aïcha : Ouais, c'est vrai, j'aime mon métier, hein. J'espère que je vais trouver un poste, en plus ils vont manquer d'infirmière ici.

Mirta : Déterminée comme tu es, tu n'auras aucun problème à en trouver un. Et puis, je suis ravie pour toi. Tu ne vas pas passer ta vie à briguer le Sélect.

Aïcha : Oh mais moi je suis heureuse chez toi. Tu sais, jamais je n'oublierai jamais ton hospitalité.

Mirta : C'est pas de l'hospitalité, c'est un service que je me rends. Depuis que tu es là, toutes les poignées fonctionnent et les cuivres brillent comme un seau neuf.

Aïcha : Tu sais ça me plaît et puis, dès que je me bouge, ça me vide la tête.

Mirta : Ma pauvre petite, tu en as déjà tellement vu.

Aïcha : Ouais, allez c'est fini tout ça maintenant. J'ai ma vie devant moi, je peux danser, je peux rire. Sans avoir personne sur le dos et pas de voile sur la tête, tu vois. (Elles rigolent.) Bon, je sens qu'il y en aura pour un petit moment là. (Mirta reprend le sac de courses.)

Mirta : J'ai bien peur.

Aïcha : Je te remplace au Sélect ?

Mirta : Merci. (Aïcha s'en va et Mirta frappe aux volets de Rachel.) Rachel, j'ai plein de bonnes choses pour vous.



EXTÉRIEUR – Dans la gare Saint-CharlesJournée

Voyageur : Je voulais prendre celui de huit heures, je n'ai pas pu. Il y a de la place dans celui-là ?

Contrôleur : Le billet est valable qu'une heure avant le départ, il est bientôt dix heures, vous auriez dû le changer.

Voyageur : Ben, vous voyez le monde qu'il y a.

Contrôleur : (Voyant Ninon qui est arrivée à la gare.) Mademoiselle, votre billet s'il vous plaît.

Ninon : Pardon ?

Contrôleur : Votre billet s'il vous plaît, mademoiselle.

Ninon : Ah oui, euh, merde mon sac. Je crois que je l'ai oublié au café, je reviens tout de suite, hein.

On entend une annonce pour un train au départ de la gare pour une destination. Il partira à 10 heures 10 voie 6.



EXTÉRIEUR – Sur la place du MistralPrès de l'appartement de RachelJournée

Roland arrive avec un cageot et il se met à côté de Mirta et la prend dans ses bras.

Mirta : Arrête, on pourrait nous voir.

Roland : Et alors ?

Mirta : Et alors, t'as l'air d'oublier que j'ai un petit-fils.

Roland : Et alors, tu ne vas pas l'abandonner parce que tu m'aimes, non ?

Mirta : Écoute, l'année de son bac, je n'ai pas envie de, je n'ai pas envie de l'embrouiller avec ça. (Elle s'éloigne de Roland.)

Roland : Ça, ça, c'est ce que tu appelles un... Tu as honte de moi, Mirta.

Mirta : Mais non.

Roland : Hein ?

Mirta : Non, mais tu peux comprendre que mon petit-fils, qui n'a ni mère ni père auprès de lui, passe avant tout pour moi.

Roland : Mais si, je le comprends. Mais lui aussi il peut comprendre.

Mirta : Ah. (Il insiste.) Mais arrête de faire ta mauvaise tête. (Elle ricane.) Puis, je te l'ai déjà dit, ça me plaît de, de, de, de ne pas avoir une relation installée, d'avoir comme ça un petit jardin secret. Ça me donne l'impression d'être encore jeune.

Roland : (Enlaçant Mirta.) Hmm, Mais je suis très encore très jeune, encore.

Mirta : Arrête. (Devant les volets ; à Rachel.) Rachel, j'ai du boulot moi. Regardez au moins ce qu'on vous a apportée.

Roland : (Regardant dans les courses, il prend une boîte et l'ouvre.) Ah, des gâteaux au beurre à son âge, mais c'est très mauvais pour le gras.

Mirta : Gras, mais Paul Voronez, c'est la recette de ma mère. Il n'y a rien que des bonnes choses là-dedans. (Elle lui prend la boîte.) Comme on dit en Andalousie, plus on mange gras, plus on vit vieux.

Roland : Hmm. C'est ça, tu voudrais me faire croire qu'avec l'accent andalou, que... (Il enlace Mirta.)

Mirta : (À voix basse.) Chut. (À voix haute.) Rachel, vous n'allez pas manger que des conserves ! Si vous voulez vivre cent ans, il va falloir manger des fruits et des légumes. C'est plein de vitamines.

Roland : Elle parle l'accent andalou, maintenant le régime très froid.

Rachel : (Ouvrant les volets.) Cinq fruits et cinq légumes par jour, ils l'ont dit à la télé.

Roland : (Empêchant Rachel de fermer ses volets.) Attends, tu vois bien qu'il n'y a pas la police, il n'y a que nous, hein ?

Rachel : La police, elle est partout maintenant. Il y a des caméras cachées dans les rues pour nous surveiller.

Mirta : Oh.

Roland : Ce n'est pas pour nous surveiller, c'est pour la sécurité.

Rachel : (En ricanant.) C'est pour les riches, c'est pour les personnes âgées qui se font expulser.

Roland : Allez, tu ne vas pas nous faire une manif.

Rachel : Si, je vais faire une manif. Je vais me battre, et je ferai recalculer mon droit au logement.

Roland : D'abord, ce ne sont pas les locataires qui sont recalculés, ce sont les chômeurs.

Rachel : Ben, ça commence par les chômeurs et puis je vais continuer le combat.

Roland : Et maintenant, tout le monde s'y met pour trouver une solution. Malik, il est même allé à la mairie.

Rachel : Tu me fais beaucoup de peine, tu sais, vraiment. Ah, tu n'es pas comme ton père, lui au moins, il m'a cachée pendant la guerre.

Roland : Et vas-y, fais-moi ton couplet. « Moi qui t'es chanté des berceuses yiddish, moi... »

Mirta : (Donnant la boîte de gâteaux.) C'est fait maison.

Roland : … « moi qui t'ai fait des strudels ».

Rachel : Ouais, fait maison, très bon, (Mirta sourit) très gras. (Mirta change de visage et Rachel ferme les volets.)



INTÉRIEUR – Dans l'atelier de CharlotteJournée

Charlotte est en train de s'occuper d'un vêtement lorsque Vincent arrive dans la boutique.

Charlotte : Pam, pam, pala papam.

Vincent : Bonjour.

Charlotte : Bonjour.

Vincent : Excusez-moi, je vous dérange,j'ai fait tous les commerces de la rue et je cherche ma fille. (Il lui montre sa photo.)

Charlotte : Ah mais oui, on s'est, on s'est croisé hier. Vous êtes les nouveaux voisins ?

Vincent : Oui.

Charlotte : Attendez, j'arrive. (Elle descend.) Dites-moi, elle a disparu depuis longtemps ?

Vincent : Depuis hier. En fait, je ne lui ai pas dit que je venais m'installer à Marseille, qu'elle ne retournerait pas à Paris.

Charlotte : Ah. (Il souffle.) À sa place, je l'aurai peut-être mal pris moi aussi. Oui, à son âge, elle a le droit de savoir ce qui l'attend dans la vie.

Vincent : Oui, oui, je reconnais d'être très maladroit mais ce n'est pas une raison pour me laisser dans une telle angoisse.

Charlotte : Écoutez, elle est peut-être tout bêtement sur une plage en train de regretter votre dispute. Demain, elle aura tout oublié. Les ados ils sont pas vraiment rancuniers. Moi aussi, je me tirais tout le temps de chez mes parents. Je faisais ça en espérant qu'ils s'inquiètent pour moi. Mais non, ils s'en foutaient complètement.

Vincent : Entre les enfants et les parents, il y a tellement de malentendus idiots. Je vous remercie de m'avoir écouté.

Charlotte : Si elle revient d'elle-même, ne lui faites pas de reproches, hmm.

Vincent : Merci.

Il ouvre la porte et s'en va. Charlotte le voit partir, se retourne et se met à sourire de bonheur.

Charlotte : Hmm, hmm.



EXTÉRIEUR – Dans la rueJournée

Ninon descend les trottoirs, pensive lorsqu'un homme l'aborde.

Homme : Alors, alors, toi perdue, j'accompagne toi. Non, je veux dire, moi c'est Anthony et toi ?

Ninon : Moi c'est Ninon. (Un autre homme s'approche derrière elle.)

Anthony : Ah, c'est joli comme prénom. C'est aussi joli que toi.

Ninon : (Gênée.) Bon, ben je vais y aller.

Anthony : Attends, attends, attends, tu ne vas pas nous quitter comme ça, hein ? On n'a même pas eu le temps de faire connaissance.

Ninon : C'est ça, je vais me débrouiller, merci.

Anthony : Tu ne voudrais pas vraiment venir chez moi ? On va passer un bon moment, hein ? T'es sûre ? (Elle passe entre les deux hommes et s'en va.) Salope.

Homme : (Écrivant quelque chose.) Tu ne l'as pas mis en première. (Ninon descend les escaliers et manque de percuter les deux autres hommes.) Eh, encore une qui descend en TGV. J'en ai connu, deux jours après, ils n'avaient pas encore retrouvé leur vitesse normale. (Ils rigolent et continuent de vaquer à leurs occupations.)



INTÉRIEUR – Dans le bar de RolandJournée

Roland est en train de lire le journal lorsque François arrive près du bar et y entre.

Roland : Oh, fils, quel bon temps t'amène ?

François : Oh, je passais comme ça.

Roland : C'est rare de te voir pour le café. (François s'assoit et Roland met le journal sur la table et son fils le prend pour le lire.)

François : Tu ne t'inscris toujours pas au tournoi cette année ?

Roland : Tu sais bien que je ne touche plus aux boules. Dis-moi ce qui ne va pas. Tu crois que je n'ai pas compris. T'as quelque chose qui te démange ? Allez va, profite que je suis de bonne humeur.

François : (Gêné.) Tu ne vas pas le rester longtemps.

Roland : Ah, remarque, voyant ta figure, je m'en doutais un peu. Alors c'est quoi ?

François : On en a déjà parlé hier. Euh, je vais devoir t'augmenter le loyer du Mistral. Je, je suis sur la paille et les impôts me poursuivent.

Roland : Et voilà, voilà. (Il se lève.) Hey, hey, hey, on part au Canada, on paye une belle tranche de vacances et après ça, on s'en prend aux impôts. (Il va derrière son comptoir et se sert un verre de bière qu'il boit.) Mais si tu voulais voir des ours, tu n'avais qu'à aller dans les Pyrénées. (Il retourne à sa place.) C'est direct maintenant par l'autoroute.

François : Mais arrête ton cinéma ! Tu sais très bien que c'était pour le concours de patinage de Johanna. Et en plus, Lucas en a profité pour améliorer son anglais.

Roland : Ouais, mais toi tu n'en as pas profité pour améliorer nos relations. Moi aussi j'aimerai bien perfectionner mon beau olivier en allant gambader dans la pampa. J'ai pas d'argent, je pars pas.

François : Tu dis ça mais en dehors du Mistral, il y a rien qui t'intéresse. (Roland veut se lever puis se rassoit.) Mets-toi un peu à ma place. Mais ça fait des années que je te fais payer un loyer dérisoire.

Roland : Et alors, c'est normal ! Je suis ton père.



EXTÉRIEUR – Dans la cour du MistralJournée

Vincent est toujours à la recherche de Ninon et trouve sur son chemin Blanche qui a les bras chargés.

Vincent : (Voulant lui venir en aide.) Attendez, attendez, je vais vous aider.

Blanche : Mais non, ce n'est pas la peine, j'ai l'habitude hein. (Après que Vincent lui ai pris des paquets.) Ah, merci. Au fait, et votre fille, vous avez des nouvelles ? (Ils se mettent à marcher.)

Vincent : Vous êtes au courant ?

Blanche : Tout se sait très vite dans le quartier.

Vincent : Non, je n'ai pas de nouvelles.

Blanche : Ah les enfants. Vous êtes allé voir la police ?

Vincent : Je ne pensais jamais que ce serait aussi sérieux mais je crois qu'il n'y a que ça à faire.

Blanche : Moi à votre place, je deviendrai folle, j'aurais déjà placardé la photo de ma fille dans tout Marseille. Mais bon, je suis du genre mère poule. Mes élèves et mes enfants n'arrêtent pas de me le reprocher.

Vincent : Moi, je serai plutôt père en apprentissage. Mais Ninon aussi me le reproche. En l'occurrence, elle n'a pas tort.

Ils s'arrêtent devant la maison de Blanche.

Blanche : Avec nos enfants, on est tous en apprentissage hein, c'est comme ça la vie. (Il ouvre la porte.) Voyez moi, c'est mon mari qui râle parce que je m'occupe trop de mes élèves. Et oui, je suis instit, du genre de celles qui ont encore la vocation. Merci.

Vincent : Au revoir.

Blanche : Au revoir. (Elle entre dans la maison, ferme la porte et Vincent s'en va.)

On voit Malik près du bar du Mistral, Charlotte qui s'occupe de son modèle, d'autres qui jouent dans le bar du Mistral.



INTÉRIEUR – Dans le bar du MistralJournée

Roland se lève et va derrière le comptoir, les gens qui jouent regardent la scène.

Roland : Bon, tu en veux un ou pas ?

François : (Il se lève et va vers le comptoir.) Écoute, c'est sérieux, je veux que tu me donnes un tiers de plus.

Roland : Et ben, (montrant sa chemise) eh bien tiens, tu n'as qu'à prendre ma chemise. Comme ça tu pourras dire aux impôts que tu mets ton père à poil. Décidément, cette année la spéculation ça leur monte à la tête aux petits propriétaires du quartier.

François : Tu peux dire tout ce que tu voudras, je ne changerai pas d'avis.

Roland : Heureusement que moi, je l'ai l'esprit de famille. (Il lui donne de l'argent.) 1000€, c'est tout ce que je peux faire. Je les avais mis de côté pour faire des travaux au Mistral mais, puisqu'il y a urgence.

François : Tu parles, tes travaux, ça fait dix ans que tu dois les faire. (Il prend l'argent, sa veste et s'en va.)

Roland : Et merci. (Regardant les hommes devant lui.) Ben quoi, lui aussi il m'a fait de la peine, eh oui. Il m'a fait de la peine, hey. (Les hommes continuent de jouer.)



EXTÉRIEUR – Dans le centre-ville de MarseilleJournée

Vincent est toujours à la recherche de Ninon, il regarde l'heure et son téléphone se met à sonner.

Vincent : Ninon. Ah Laurence, c'est toi. Ah oui, pour le savoir je sais que t'es toujours sa mère, hein. Non, non, on va rester à Marseille pour la dernière semaine des vacances euh, tu sais elle se plaît bien ici, c'est... on profite de la mer, d'ailleurs elle est encore à la plage. Euh, et ben non, je ne sais pas écoute. Son portable doit être déchargé ou... Ben écoute, euh, écoute, dès qu'elle rentre, elle te rappelle, d'accord. OK, c'est ça oui. (Il raccroche et croit voir sa fille mais quand la femme se retourne, ce n'est pas elle. Il accoste un homme.) Excusez-moi monsieur, le commissariat.

L'homme lui montre en faisant un geste de la main.

Homme : Par ici. (Il court en traversant la route.)



EXTÉRIEUR – Près de l'appartement de RachelJournée

Malik : (Qui parle à Rachel via les volets.) Pourquoi vous n'êtes pas allée chercher les recommandés à la Poste, vous savez très bien que votre proprio veut vous reloger dans un studio.

Rachel : (En ricanant.) Oh, un studio, un trou à rats oui. Je croyais qu'il existait une loi aujourd'hui contre les loueurs de taudis.

Malik : Oh, si on en parlait tranquillement. Rachel allons, soyez raisonnable.

Rachel : Raisonnable, moi ? Une juive communiste. Je préfère mourir ici. (Elle fait un malaise et s'écroule.)

Malik : Rachel, Rachel ! (Il tape à la porte et elle est fermée. Ça ne répond pas.) Rachel. (Il tente de forcer la porte.)



EXTÉRIEUR – Sur la place du MistralJournée

Ninon arrive sur la place du Mistral et tente de trouver un endroit pour se cacher lorsqu'elle voit Rudy.

Rudy : Revoilà celle que je cherchais. Et en retard comme d'habitude, hein. Un concert avec du funk ça n'attend pas. La prochaine fois tu pourrais arriver à l'heure. Non mais je rigole, je rigole, c'est pas de la drague. Regarde, hop, t'as vu et deux invit'. Tu ne me crois pas mais regarde, je te dis, regarde. Attends, ça va chauffer. (Il fait du bruit avec sa bouche en dansant.) Tu ne peux pas manquer ça quand même.

Ninon : Écoute, là, je n'ai pas trop le temps, j'ai des emmerdes, alors. (Elle s'en va en courant quand elle voit son père qui arrive.)

Rudy : Qu'est-ce qu'il y a ?

Ninon : Ce n'est pas trop chicos ton concert parce que je n'ai rien d'autre à me mettre là.

Rudy : Non, non, non, mais t'es très, très bien comme ça. Très, très, bien même. Change rien, je... (Il passe un coup de fil.) Allô, Lucas, oui c'est moi, ouais, ouais, ouais, tu sais pour le concert de ce soir, ouais, c'est vraiment pas de bol ouais, à ben c'est annulé. Ben ouais, je sais, ouais, ouais, je crois qu'il y a eu comme un petit contre-temps quoi. Comme un cas de force majeure. (Ninon le prend par la main et ils s'en vont.) Ouais, je te rappelle, je suis hyper pressé...



INTÉRIEUR – Dans l'appartement de RachelJournée

François tente comme il peut d'ouvrir la porte.

François : (Hors cadre.) Oh, j'espère qu'elle n'a pas fait de bêtise.

Blanche : Plus haut le pied de biche...

François : Oh mais t'as qu'à le faire si tu sais mieux que moi. Encore un effort, allez. (Malik, François et Blanche ont réussi à ouvrir la porte et voient Rachel étendue sur le sol.)



Dans le prochain épisode



INTÉRIEUR – Dans la banque provençaleJournée

Martineau : Il vous faut des liquidités, monsieur Marci, sinon, vous allez tout droit à la saisie sur salaire. Vous êtes marié sous le régime de la communauté. Alors cela concernera aussi madame, et comprendre que vous êtes allé trop loin.

Kikavu ?

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angie5 
23.12.2023 vers 12h

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diana62800 
28.08.2021 vers 12h

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10.08.2021 vers 16h

LinoaSmile 
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